La Favorite de Kim
La Favorite de Kim
Liang, coursier des Triades, assure la livraison de processeurs contre de l'or dans les mines reculées du Hwanghae. Le contact, un général opportuniste, est immédiatement exécuté par la police politique. Liang survit au massacre et trouve refuge chez Ji-su, une contacte qui attendait son exfiltration. Le père de Ji-su, un éminent universitaire, vient d'être mis à mort pour avoir tenté de protéger sa fille de l'obsession démente du Kim régnant. Désormais deux proies, Liang et Ji-su entament une fuite éperdue vers la Chine à travers une Corée du Nord en état de siège total. La traque, menée personnellement par le Kim, devient une descente aux enfers : tandis que les militaires, terrorisés par sa rage paranoïaque, cherchent désespérément à capturer le duo pour sauver leur peau, ils ignorent que leurs propres chefs complotent déjà dans l'ombre pour renverser leur tyran.
Plan détaillé en 10 chapitres
Chapitre 1 : Le massacre de Hwanghae La transaction est interrompue par une unité d'exécution. Le général est abattu sans sommation. Liang, utilisant ses réflexes de survie, disparaît dans les galeries de la mine, le sac d'or lourd sur le dos.
Chapitre 2 : La fille de l'universitaire Liang atteint l'adresse convenue. Ji-su l'attend, traumatisée par l'exécution récente de son père. Ils n'ont pas le temps de pleurer ; les in-min-ban (comités de surveillance) verrouillent le quartier.
Chapitre 3 : La rage du prédateur Le Kim, apprenant que Ji-su a échappé à ses gardes, sombre dans une jalousie violente. Il exige sa capture vivante, menaçant de faire décimer tout l'état-major si le « fugitif » et « sa femme » ne sont pas retrouvés avant l'aube.
Chapitre 4 : Le paysage austère du Chagang Le duo traverse les provinces montagneuses. Ils mangent du corn-rice amer et boivent l'eau glacée des ruisseaux. La peur de Ji-su est palpable, mais sa connaissance des sentiers secrets de son père est leur seule chance.
Chapitre 5 : La peur des exécutants Une patrouille militaire fouille un village. Les soldats, terrifiés à l'idée d'échouer face aux ordres du Kim, fouillent chaque recoin. Ils sont observés de loin par Liang et Ji-su, cachés dans un silo à maïs.
Chapitre 6 : Le poids du secret Ji-su raconte les derniers jours de son père. Liang, en l'écoutant, voit en elle non plus une cible, mais une alliée. Il sent la pression des poursuites : le Kim a ordonné le bouclage total de la province du Hamgyong.
Chapitre 7 : La mécanique du complot Alors que le Kim harcèle ses généraux, ceux-ci échangent des regards lourds de sens. Ils étaient de mèche avec le général exécuté au Chapitre 1 et cherchent une issue pour se débarrasser du tyran avant qu'il ne les sacrifie tous.
Chapitre 8 : L'enfer de la frontière Arrivés dans la zone frontalière, ils sont traqués par des chiens et des drones de surveillance. Liang doit utiliser ses dernières réserves de munitions et son ingéniosité pour neutraliser un poste de garde.
Chapitre 9 : La fin du règne Liang et Ji-su franchissent la barrière ultime. Au même moment, à Pyongyang, les généraux encerclent le Kim, fatigués de sa folie meurtrière. La traque s'arrête brutalement alors que le Kim est rattrapé par ses propres hommes.
Chapitre 10 : L'horizon de Chongqing Liang regarde le côté chinois : vide, froid, mais libre. Il est indemne, l'or est sécurisé, et Ji-su est avec lui. Ils entament la longue marche vers Chongqing, loin des ruines d'un pays qui s'écroule sur lui-même.
Chapitre 1 : Le massacre de Hwanghae
La mine de fer de la province du Hwanghae n’était qu’une plaie béante dans la montagne, une succession de galeries dont l’air saturé de poussière métallique étouffait chaque respiration. Liang, le sac de sport lesté par les lingots d’or, attendait à l’intérieur d’un hangar en tôle ondulée. Face à lui, le général Ri – un homme dont l’avidité était la seule constante – vérifiait nerveusement la qualité des processeurs sur un terminal portable à la lumière blafarde.
« Le paiement est complet, Liang, » grimaça le général en faisant glisser le sac. « Partez. Les patrouilles de la police politique sont plus proches que prévu. »
Liang n’eut pas le temps de répondre. Un fracas de métal contre métal déchira l’air. Les portes du hangar volèrent en éclats sous l’impact de grenades assourdissantes. Avant même que la fumée ne se dissipe, des hommes en uniforme noir, le visage masqué, firent irruption. Le général Ri n’eut pas le temps de plaider son innocence ; une rafale précise le projeta contre une pile de caisses. Exécution immédiate. Sans procès, sans mots.
Liang, dont les réflexes de commando surpassaient la panique des civils, plongea derrière un wagonnet de minerai au moment où les tirs balayaient l’espace. Une balle lui érafla l’épaule, mais il ne ressentit que l’adrénaline. Il connaissait le plan des galeries comme sa poche, une habitude de professionnel pour qui chaque zone de transit devait avoir deux issues. Il bascula dans une trappe de service, plongeant dans l’obscurité totale des galeries souterraines, les lingots d'or battant contre ses côtes à chaque foulée. Derrière lui, les cris des soldats résonnaient, mais Liang ne se retourna pas. Il était déjà une ombre parmi les ombres.
Chapitre 2 : La fille de l'universitaire
L’adresse à Pyongyang était un studio exigu, situé dans un complexe résidentiel où la peinture s'écaillait par plaques, révélant la misère de décennies de négligence. Liang s’y glissa par le toit, ses vêtements imprégnés de la sueur et de la poussière des mines.
Ji-su l’attendait, immobile près d’une fenêtre condamnée par des rideaux épais. Elle était fine, le regard éteint par un deuil encore frais. Son père, l’universitaire, n’était plus. Il avait été éliminé pour avoir tenté d'exfiltrer sa fille, seule pièce rapportée dans la collection de folies du Kim régnant.
« Ils sont venus, » murmura-t-elle sans se retourner quand elle entendit le loquet grincer. « Ils ont verrouillé les in-min-ban. Personne ne sort du quartier sans être contrôlé par les comités de surveillance. »
Liang ne perdit pas une seconde. Il posa le sac d’or au sol, un poids mort qui n’avait plus aucune valeur face à l’urgence. Il observa la jeune femme, ses yeux scannant les micro-expressions de terreur qui agitaient ses mains. Elle n'était plus une simple informatrice ; elle était le centre de gravité d'une tempête.
« Nous ne passerons pas par la rue, » dit Liang, sa voix tranchante comme une lame. « Préparez le minimum. Le Kim ne cherche pas juste à rétablir l'ordre. Il cherche à récupérer sa propriété. Si nous sommes dehors avant que le couvre-feu ne soit levé par les patrouilles de l'intérieur, nous avons une chance. »
Le silence pesant de l’appartement fut rompu par le fracas d'une botte dans le couloir de l'immeuble. La chasse avait commencé.

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